search

Accueil > Ressources formatives > EVALUATION - COMPETENCES > VIDEO - "La construction des compétences scolaires : une approche (...)

VIDEO - "La construction des compétences scolaires : une approche relationnelle" - Conférence de Bernard REY

lundi 10 avril 2017, par Marie DELAHAYE

Cette conférence a été enregistrée lors du colloque de l’ADMEE (Association pour le Développement des Méthodologies d’Évaluation en Éducation en Europe) à Dijon, le 28 janvier dernier : "Regards croisés sur l’évaluation des compétences en formation initiale et situation de travail"

Pour visionner la conférence sur le site de l’IREDU, cliquer sur la photo

Durée : 1:04:58

Bernard REY, Professeur de l’Université, Services des Sciences de l’Éducation, Université Libre de Bruxelles aborde la question de l’évaluation des compétences à partir de la construction des compétences.

Son exposé se présente en 2 parties :

  1. Analyse sur la base de la formulation des compétences telles qu’on les trouve dans les référentiels
  2. Les seules compétences scolaires en essayant de répondre à la question « Comment peut-on être compétent ? »

1- La notion de compétence :

* Dans les référentiels sont souvent formulés des actions, des résultats attendus mais ne sont pas précisées la méthode, la démarche à engager pour aboutir à ces actions. La notion de compétence procède d’une croyance indispensable socialement : il est alors tentant de chercher dans l’individu la racine de ses performances.

* Orientation relationnelle posée dans les recherches de Bernard REY : la compétence n’est pas une caractéristique des individus mais d’un rapport entre des individus et des situations (notion bipolaire).

* Conséquences sur l’évaluation : si on croit à la compétence en temps que caractéristique de l’individu, cela simplifie la question de l’évaluation car le contrôle sur quelques exemples peut faire penser que l’individu va accomplir à tout coup, ce qui est hypothétique. Il faut comprendre comment fonctionne la compétence, quelles sont les règles implicites et explicites auxquelles répond l’individu compétent.

* Cela est faisable pour certaines compétences qui correspondent à des règles, des algorithmes. Dans un cas original et complexe qui ne correspond pas à un algorithme, il faut mobiliser des connaissances de base et des savoir-faire multiples. Ces cas là sont les plus nombreux.

2- Les compétences scolaires :

* En étudiant des productions d’élèves sur des tâches nouvelles et complexes, on constate que beaucoup d’erreurs tiennent à une question de l’interprétation de la tâche. Quels éléments sont pertinents et sont à choisir dans l’énoncé ? La divergence d’interprétation peut être parfois subtile.

* Avoir une compétence, ce n’est pas simplement se débrouiller pragmatiquement dans une situation donnée mais se débrouiller conformément à des normes scolaires. Or ces normes ne sont pas du même ordre que la nécessité des choses mais ont un caractère arbitraire : il est intéressant de les faire connaître aux élèves.

* Quelles seraient les caractéristiques de ce regard instruit sur les tâches et les situations ? Quelle serait la manière de sélectionner les éléments pertinents ? Trois dimensions ont été repérées et sont en voie de confirmation :

-  A l’école, on attend des élèves qu’ils analysent la tâche ou la situation au moyen des connaissances scolaires avec une catégorisation empruntée à un ou plusieurs savoirs scolaires et non pas sur la base de leurs expériences personnelles, de leurs émotions, de leurs convictions, de leurs intérêts personnels, de leurs raisons pragmatiques.
-  A l’école, on s’attend à ce que les élèves interprètent la situation ou la tâche en prenant en charge le problème et non pas en essayant de rattacher un élément de l’énoncé aux connaissances qu’ils ont. C’est une forme de docilité.
-  Au niveau des productions écrites, les exigences de l’École sont que la production écrite soit auto suffisante : elle doit être comprise même par quelqu’un qui n’est pas au courant de l’énoncé.

Conclusion :

• Pour comprendre le fonctionnement d’une compétence, on ne peut pas s’en tenir à l‘investigation des caractères cognitifs de l’individu. Doivent entrer en jeu les situations auxquelles est confronté l’individu (caractère bipolaire). Mais on ne peut pas se contenter non plus du rapport entre individu et situation : il faut tenir compte des normes car la notion de compétences est une notion sociale. C’est donc à caractère tripolaire (individu, environnement/situation, normes)

• L’évaluation des vraies compétences : il faut confronter les élèves à des tâches nouvelles et complexes, faisant appel à plusieurs ressources que les élèves sont censés posséder. Ces tâches doivent être bâties de telle manière qu’elles permettent un diagnostic pour permettre de repérer d’où vient l’erreur de l’élève.