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Rubrique PREVENTION DU DECROCHAGE

VIDEO - "Agir contre le décrochage scolaire : alliance éducative pédagogique repensée"- Conférence de Anne ARMAND

Le 27 mars 2017 - Marie DELAHAYE

Professeur de lettres en collège et en lycée (académie de Rouen), IPR de 1990 à 2002 (Toulouse puis Nantes), Anne ARMAND est Inspectrice générale de lettres depuis 2002.
Formatrice, spécialiste des questions de didactique du français et des langues anciennes (en particulier sur la lecture, la séquence, l’enseignement de l’histoire littéraire, la didactique des langues anciennes), elle s’est spécialisée à l’inspection générale sur l’enseignement en éducation prioritaire (RAR).
Auteur d’articles et d’ouvrages de didactique, elle est responsable de l’écriture de programmes d’enseignement (langues anciennes au collège, au lycée ; français au lycée ; français en CAP, au Baccalauréat professionnel) et des épreuves d’évaluation correspondantes.

Sa conférence « Agir contre le décrochage scolaire : alliance éducative pédagogique repensées  » s’est déroulée le 9 février 2017 au lycée viticole de Beaune, durant la semaine de la persévérance scolaire.


Agir contre le décrochage scolaire : alliance... par ac-dijon-formation

Durée : 1:55:34

Après rappel du rapport de 2013, l’objectif est précisé : empêcher les élèves qui décrochent et veulent partir de partir. Cela signifie qu’il faut accepter de regarder notre école, notre métier avec les yeux, les oreilles de l’élève qui lui, a décidé de partir.

Depuis 2013, les choses ont changé : au début, 140 000 jeunes décrochaient. Aujourd’hui, c’est 98 000. A la rentrée prochaine, il faut viser les 80 000 (Ministre). Cela signifie que 3 à 5 élèves par établissement vont rester scolarisés.

Progrès réalisés depuis 2013 :

  • L’idée que le décrochage puisse démarrer dès la maternelle est acceptée.
  • Le décrochage, ce n’est pas l’affaire des CPE. Ne pas oublier les familles dans l’équipe éducative : la marge de progression est certainement là.
  • Réflexion engagée sur le climat scolaire, sur la notation.
  • Apport de la notion de parcours scolaires.
  • Cycle 3
    Tout cela va faire système et permettre à l’Ecole de changer sa perception de l’élève. Nous avons des discours qui sont entendus par les élèves et il nous faut identifier ceux qui n’entendent pas.

Quelles réponses pédagogiques peut-on apporter ?

  • Nous devons nous demander comment nous parlons aux élèves.
  • Il faut parler entre équipe éducative et enseignants pour « savoir » et être capable de déceler des signes de décrochage. Les parents peuvent repérer aussi des signes. En effet, un élève qui veut décrocher développe des stratégies.
  • Parler à l’élève en évitant de le mettre « au tribunal ». Il lui faut une figure de référent.
  • La notation : problème de la note rendue publique en classe : il nous faut travailler cet immense champ de la notation, la façon dont on la dit.
  • Accepter que l’élève existe vraiment et lui faire comprendre qu’il peut aller « ailleurs » faire un travail intelligent (autre collègue, vie scolaire). L’élève continue à exister. Il faut savoir l’écouter, gérer sa colère et agir tous ensemble et en cohérence.
    Attention  : par rapport à l’élève, ne se positionner ni en parent ni en psychologue. Nous sommes professeurs avec la charte déontologique qui fait que la prise en charge du décrochage fait partie de notre métier. Les décrocheurs sont partout et le décrochage touche toutes les familles. Des signes peuvent se voir à la maison, en classe, au sein du groupe-classe. Tout le monde doit être attentif et échanger sur ces signes de « déliaison » (cf Valérie MELIN) qui diffèrent d’un élève à l’autre, d’une région à l’autre. Mais quand l’élève est en crise, parents et école deviennent hostiles l’un envers l’autre. Phobie scolaire : une équipe médicale du CHU ce Caen travaille sur ce sujet.

La réponse au décrochage :

  • 1 élève, 1 équipe, 1 projet, donc une réponse individualisée. Mais chacun doit bien se situer dans son rôle.
  • Se rencontrer mais pas forcément en présence de l’élève (éviter la triangulation).
  • Une piste de progression : l’articulation avec le travail personnel de l’élève (en classe surtout, pas seulement hors classe avec les devoirs). C’est le principe de la classe inversée.
  • Le tutorat est important dans la prise en charge du décrochage : le problème c’est qu’il faut cibler les élèves qui en ont vraiment besoin. Le décrochage n’est pas le même chez les filles et chez les garçons et ils n’en disent pas la même chose : les garçons attaquent l’école, les filles font part du fait qu’elles avaient des problèmes.

Le décrochage est un drame social comme personnel. En France, il manque la souplesse qui peut exister ailleurs (Pays Bas), le travail avec d’autres structures, la perméabilité….
Si l’obligation scolaire est une réalité, pourquoi tout imposer, au nom de principes égalitaires, à ceux pour lesquels ce n’est pas possible à un moment de leur vie ? Pourquoi mettre en situation de souffrance des êtres en formation que sont les élèves ?