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Rubrique INNOVATION - EXPERIMENTATION

VIDEO - "Pratiques innovantes dans l’évaluation des élèves, le cas de classe sans note : premiers résultats d’une recherche de terrain"- Sophie GENELOT

Le 5 décembre 2016 - Marie DELAHAYE

Journée académique de l’innovation « L’innovation au service de l’évolution des pratiques professionnelles » 12 octobre2016.

Cette recherche a débuté il y a 3 ans suite à un besoin exprimé en formation. Il y a 3 ans : 1ère phase (exploratoire) d’une formation de formateurs avec recherche d’établissements qui se sont lancé dans cette expérimentation (4 équipes de collège et 2 de lycée) : entretien pour les écouter sur leurs pratiques, ce qui a permis d’identifier 4 axes de recherche :

1/ Pourquoi et comment ces pratiques innovantes se sont développées ?
2/ Quels sont les effets de ces pratiques sur les élèves ?
3/ On évalue sans note ou on évalue les compétences ?
4/ Quels sont les effets sur les pratiques professionnelles des enseignants.

Le 4ème axe a été abandonné mais les recherches ont été menées sur les 3 autres axes.
Les recherches sont terminées pour l’axe 1 et ont fait l’objet d’une publication.

La conférence va traiter des axes 2 et 3.


Pratiques innovantes dans l'évaluation des... par ac-dijon-formation

Durée : 42’26

Sophie GENELOT, Maître de conférences, enseignante-chercheure ESPE-IREDU de Dijon

Pour les enseignants, « évaluer sans note » est souvent synonyme « d’évaluer les compétences ». Or si l’évaluation sans note fait référence à des outils d’évaluation que l’on veut supprimer (parce qu’ils ne nous conviennent pas) et remplacer par d’autres, l‘évaluation des compétences fait référence à des objets d’évaluation, donc à ce que l’on enseigne.
La question est donc de savoir si les enseignants qui se lancent dans cette expérimentation veulent supprimer un outil et le remplacer par un autre ou est-ce qu’ils souhaitent travailler sur ce qu’ils enseignent ?

Au sujet du terme « compétences  », un consensus existe chez les chercheurs :
-  Une compétence repose sur une mobilisation de ressources qui peuvent être propres au sujet, liées à la situation dans laquelle se trouve le sujet, externes au sujet.
-  Une compétence s’applique à 1 situation
-  Mettre en œuvre une compétence, c’est s’adapter à des situations diverses qui peuvent être inédites
L’évaluation des compétences nécessite quelques conditions particulières, la principale difficulté étant de ne pas considérer qu’une tache complexe est une somme de taches partielles. En réalisant des évaluations sommatives, voire certificatives, cela signifie que les acquis sont transférables.

Bernard REY propose 3 niveaux d’évaluation des compétences :

-  Niveau 1 : compétences élémentaires = procédure. Activités où l’élève doit exécuter une opération assez simple ou une suite d’opérations simples mais décontextualisée.
-  Niveau 2 : compétences élémentaires avec cadrage. Mise en situation cadrée : l’élève doit faire le choix des bonnes ressources pour résoudre la situation dans laquelle il se trouve
-  Niveau 3 : situation très ouverte. L’élève doit se débrouiller pour combiner les bonnes ressources pour résoudre la situation dans laquelle il se trouve.

Dans l’expérimentation menée, 16 classes ont été évaluées sans note, 16 avec note. Les devoirs qui ont été donnés (en maths, français et SVT) par 8 enseignants ont été analysés (55 devoirs au total).

Résultats  :

-  L’origine des projets  : les enseignants se sont lancé dans cette expérimentation face au niveau très faible de leurs élèves
-  Objectif  : peu d’objectifs pédagogiques, le but étant de trouver d’autres modalités d’évaluation qui évitent l’aspect dramatique de la note. Problèmes rencontrés : note chiffrée remplacée par une échelle mais de 4 degrés ? 3 degrés ?, symbolisation du niveau de performances mais couleurs ? items genre acquis… ?
-  Compétences  : peu de trace dans le discours des enseignants
-  Bilan sur les devoirs donnés par les enseignants classés selon les degrés de Rey. Tous contiennent des exercices de niveau 1, peu d’exercices de niveau 2 et pratiquement aucun d’exercices de niveau 3. La maîtrise des ressources est évaluée par les enseignants mais pas la maîtrise des compétences.
-  Bilan de l’étude : l’évaluation sans note fait progresser le sentiment d’efficacité personnelle (SEP) des élèves d’autant plus s’ils sont faibles en début d’année. Le SEP se trouve en effet positif dans tous les collèges (avec un plus pour certains).

Les stratégies d’auto handicap (SAH) sont les obstacles que se créent les élèves pour expliquer leur échec probable : en agissant sur les causes qui diminuent les stratégies d’auto handicap, en supprimant la note, cela peut diminuer les stratégies d’auto handicap

Constat  :

-  Le recours à ces stratégies augmente en 6ème
-  Quand on croise cela avec les modalités d’évaluation (avec note/sans note), il n’y a pas d’impact
-  Pour les filles, sans note : pas d’impact
Pour les garçons, sans note : baisse du recours aux stratégies d’auto handicap
-  Les garçons y ont plus recours que les filles en cas d’évaluation avec note
-  Les garçons plutôt que les filles quant on évalue avec note

Conclusion globale : la pratique des classes sans note a des effets positifs, au moins pour le SEP et le SAH mais les effets différenciés sont certainement dus aux pratiques associées. Supprimer la note a un effet positif sur la motivation des élèves mais quelle pratique d’accompagnement mettre en œuvre pour une meilleure efficacité ?